Éducation positive des tout-petits : comment ne pas crier à la maison ?

L’éducation positive c’est aussi être attentif au non-dit. Le langage non verbal nous donne une longueur d’avance pour anticiper les réactions. Cela nous permet d’adapter notre propre posture à la sienne.

Existe-t-il un mode d’emploi du parent parfait ? Non ? Et c’est peut-être mieux ainsi. Aucun parent n’est parfait et ce n’est pas vraiment le but. En revanche, nous pouvons faire le maximum pour établir que la parentalité positive soit le maître-mot à la maison. Youpi plus de cris à la maison ! 

Favoriser la communication positive enfants-parents

Etre attentif à l’enfant : le langage non verbal 

Lorsque l’on parle de communication, avant même d’entamer un dialogue, nous pouvons faire intervenir un autre sens : la vue. Prendre le temps de bien regarder son bout de chou est très important pour le décoder. Les expressions corporelles nous révèlent bien des choses sur l’état de l’enfant. Mais pour cela apprenons à les observer pour pouvoir les déchiffrer. Quel est son expression du visage quand il est d’humeur taquine ? Est-ce un enfant colérique ? Comment positionne-t-il son corps lorsqu’il est en recherche d’une marque d’affection ?

La tonalité de sa voix est-elle plus haute ou plus basse lorsqu’il est fatigué ? As-t-il un débit plus rapide ou plus lent pour s’exprimer lorsqu’il a passé une bonne journée ? 

L’objectif est de rester attentif à ses sentiments et dispositions. Le langage non verbal nous donne une longueur d’avance pour anticiper ses réactions. Nous pouvons la suite adapter notre propre posture à la sienne. De manière générale, pour entrer en communication avec un enfant, il convient de se placer à sa hauteur. Rester très proche de lui, le corps positionné sous le niveau de ses yeux, renvoie une attitude de connexion plutôt que de distance. Plus connectés à lui, nous sommes également plus sereins avec le tout-petit. 

Entendre les mots de l’enfant : l’écoute active

Pour bien comprendre les enfants,  le second point point à ne pas négliger est l’écoute. On parle d’une écoute sincère et dénuée de jugements de valeur. 

Ce qui, en tant qu’adulte peut nous sembler farfelu ou sans gravité, peut  relever d’une grande importance dans le for intérieur d’un enfant. Ne prenons pas à la légère leurs préoccupations : ce grand méchant loup caché sous le lit qui les terrorise ou ces ombres d’une grande frayeur sur le mur 😉 Ainsi les petites boutades : « Sois un grand maintenant », « Cesse de faire l’enfant » etc… sont à bannir. Si l’on veut réellement entrer en communion avec l’enfant, il nous faut descendre d’un étage et nous mettre encore une fois, à sa hauteur. 

Le nier dans ses sentiments revient, en quelque sorte à lui enlever la confiance en ses propres impressions et perceptions. Au contraire, lorsqu’ils nous y invitent, entrons dans leur monde avec plaisir. Laissons-les parler jusqu’au bout sans les interrompre. Au lieu de prêter une oreille distraite, pratiquons l’écoute active. Écoutons leurs mots et parfois leurs maux. Pour cela, rien de tel que la reformulation.

Par exemple : 

«Je voulais mettre du jaune sur mon dessin mais le copain n’a pas voulu me le donner et j’ai mis du vert. Mais je n’aime pas mettre du vert pour le soleil ».

Le parent peut répondre : « Je comprends. Tu avais besoin du jaune pour colorier le soleil.  Mais tu as été obligé de mettre du vert à la place parce que le copain n’a pas voulu te le prêter. Ce n’est pas grave pour cette fois. Je sais que tu connais la vraie couleur du soleil qui est bien le jaune ».

Dans cet exemple tout simple en apparence,  la clé réside dans le fait de communiquer avec bienveillance. L’enfant se sent parfaitement compris. Il est davantage enclin à se confier sur les emotions qui le traversent. 

Favoriser la communication positive parents-enfants

Donner des détails sur les situations

Côté parent, nous avons également des efforts à faire pour améliorer notre communication avec l’enfant. Pour pouvoir nous faire entendre, nous devons d’abord nous faire comprendre. A l’échelle de l’enfant, cela passe par le fait de délivrer suffisamment de détails lorsque nous nous adressons à eux. Un des exemple qui me vient spontanément en tête est le fait d’avoir recours au « on ».

« On viendra te chercher tout à l’heure ». Lorsque nous sommes pressés ou préoccupés, nous pouvons ne pas faire attention à ce genre de détails. Et pourtant, l’un des piliers d’une bonne communication positive avec l’enfant est la construction de repères. Ici, le « on » enlève tous ces repères. C’est tout le monde et personne à la fois, un pronom froid et impersonnel. Voulons-nous une relation impersonnelle avec notre enfant ? Pas le moins du monde. C’est la raison pour laquelle, nous devons permettre à notre petit bout d’identifier le cadre de chaque situation.

Ainsi le « on viendra te chercher » peut devenir « Ce soir c’est moi qui viendrais te chercher normalement. J’ai  une réunion en fin de journée. Si elle se termine un peu plus tard que prévu, c’est papa/ la nounou/ mamie qui sera là. Dans ce cas , on se retrouvera directement à la maison ». 

Dans l’exemple d’éducation positive ci-dessus, tous les détails sont présents. L’enfant peut se projeter de façon claire. Il en est de même pour la notion de temporalité. Dès que l’enfant est en âge de comprendre, nous devons les familiariser aux heures, jours de la semaine, périodes de l’année… 

Pour les plus petits, cela peut commencer avec le découpage de la journée :

  • L’heure de se réveiller
  • L’heure de déjeuner
  • L’heure du bain etc…

En définitif, l’essentiel est de s’adresser aux enfants comme des personnes à part entière (ou de petites personnes à part entière 🙂 ) et non comme des sujets à qui l’on impose.

Mode d’échange positif 

Enfin, pour des échanges constructifs, nous devons faire un effort sur la façon d’aborder les choses. En d’autres termes, répondre au comment se faire obéir sans crier. L’idée est de sortir complètement des injonctions pour être sur le mode du conseil et des règles.

En effet, plus nous répétons une interdiction plus celle-ci devient tentante (voire entêtante) pour l’enfant. Avouons que nous sommes également comme ça en tant qu’adulte non ? Pour shématiser rapidement, on peut considérer que l’autorité positive exclu certaines tournures de phrases notamment les « Ne… pas » . Voici un petit tableau non exhaustif des formulations à bannir et des exemples de substituts.

Ici, le discours est toujours explicatif, positif ou lié au partage de sentiments. Ces alternatives permettent de ne pas avoir à crier sur son enfant ou sortir de ses gonds. Bien que, dans les fait, ce ne soit pas toujours si évident, je vous l’accorde !

Nous pouvons aller plus loin dans la philosophie positive en apprenant à complimenter les enfants de façon astucieuse pour renforcer leur estime d’eux-mêmes. 

Pour une éducation positive et parentalité bienveillante , des efforts réguliers et quotidiens sont nécessaires au départ. Une fois la mécanique en marche, cela devient un vrai mode de vie.

Si vous pensez à d’autres conseils pour une communication efficace à la maison, n’hésitez pas à laisser un petit commentaire afin que nous échangions sur le sujet 😉

A très vite!

Aurore 🙋🏾

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